A la fin du XVIIIe siècle, la longueur totale des égouts voûtés
était de 26 051 mètres, et elle ne s'était accrue, en 1824, que
de 11 043 mètres. Elle était alors de 37 094 mètres, et dans
cette longueur certains égouts non voûtés entraient pour
1 466 mètres.
Jusqu'en 1824, l'assainissement du sol et des immeubles
était dans l'enfance. Et encore, les quelques égouts qui existaient
à cette époque n'étaient-ils jamais nettoyés ; aussi les
immondices qui s'y accumulaient formaient-elles des barrages,
qui arrêtaient les cours des eaux et rendaient presque
inutile l'existence même de ces galeries souterraines,
puisqu'alors, à la moindre pluie, les eaux superficielles
n'avaient plus d'écoulement.
Cet inconvénient du manque de nettoyage avait une
conséquence bien autrement grave encore, au point de vue de
l'hygiène, à cause de l'infection que ces galeries
répandaient dans l'atmosphère.
Au point de vue de l'alimentation d'eau, elle était, à cette
époque (1824), de 20 000 mètres cubes, grâce à l'amenée des
eaux de la Beuvronne et à l'achèvement du canal de l'Ourcq,
qui fut commencé en 1802, sous Frochot, alors préfet de la
Seine, et exécuté sous la direction de M. Girard, ingénieur
en chef des Ponts et Chaussées.
Tout le monde a lu, dans Les Misérables, l'épisode si dramatique
où le héros transporte, à travers les égouts, un homme
évanoui. Remarquons que, dans le chapitre intitulé : La Terre
appauvrie par la mer, le poète, prophète comme il le fut souvent,
annonce le triomphe du système appliqué aujourd'hui
pour l'évacuation des matières usées, le tout à l'égout.
Voici quelques passages, dans lesquel Victor Hugo évoque pour nous l'image
disparue des égouts d'autrefois.
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